Childhood’s End
Childhood’s End, 2026
Huile sur toile, 92 x 73 cm
La fin de l’enfance
Une scène silencieuse, presque irréelle. Une jeune femme au visage fardé, vêtue de noir, se tient aux côtés d’une peluche démesurée. Le jouet, habituellement associé à la douceur et à la protection, prend ici une présence étrange. Ses proportions monumentales et son expression figée lui confèrent une tristesse presque humaine. Entre les deux figures, quelque chose semble s’être brisé, sans que l’on sache précisément quoi.
La mise en scène emprunte au théâtre. Les contours colorés, les bleus profonds et les éclats de rose viennent découper les silhouettes dans la pénombre. La couleur ne cherche pas à adoucir l’image : elle en révèle l’artifice, l’étrangeté et la tension.
Avec Childhood’s End, je joue sur le trouble entre le familier et l’inquiétant. La peluche devient une présence silencieuse, presque un témoin. La femme, à la fois distante et vulnérable, semble appartenir à un monde où l’enfance n’est déjà plus qu’un souvenir. Le jouet demeure, mais l’innocence qu’il représente paraît s’être retirée.
Le titre évoque cette frontière invisible où quelque chose de l’enfance s’achève, où les objets de nos premières années perdent leur évidence et se chargent d’une autre signification. Mais rien n’est tout à fait résolu. Est-ce la fin d’une innocence, la solitude derrière les apparences, ou simplement une scène dont nous ignorons l’histoire ?
J’aime laisser cette incertitude ouverte. La peinture devient un espace de projection, un théâtre immobile où chaque regard peut inventer son propre récit. Derrière l’étrangeté de la scène subsiste une mélancolie discrète, comme le souvenir d’un monde familier que l’on ne reconnaît plus tout à fait.
